Réduire les risques liés à l'exploitation des eaux profondes en Afrique : initiatives récentes, découvertes pionnières et importance des données
La frontière offshore africaine est à nouveau en effervescence. Cette semaine, les grands groupes énergétiques internationaux ont bouleversé le secteur des eaux profondes au Nigeria : TotalEnergies a vendu 40 % de ses parts dans deux licences d'exploration offshore (PPL 2000 et PPL 2001) à Chevron, dans le cadre du dernier cycle d'octroi de licences du pays. Au Ghana, le gouvernement négocie activement l'acquisition du bloc en eaux profondes West Cape Three Points Block 2 (WCTP2) de Springfield Exploration and Production, un gisement reconnu depuis longtemps pour son potentiel mais dont le développement a été retardé par des difficultés. Ces mouvements s'inscrivent dans une tendance plus large : les actifs frontaliers de grande valeur sont négociés, réévalués ou placés sous le contrôle de l'État, les investisseurs et les gouvernements cherchant à gérer les risques géologiques et financiers.
Pendant ce temps, plus au sud, le long de la côte africaine, en Namibie, le paysage offshore évolue rapidement. Le sud du bassin de l'Orange continue d'attirer l'attention après une série de découvertes récentes : non seulement le célèbre champ Venus (bloc 2913B), découvert pour la première fois en 2022 par TotalEnergies, mais aussi des découvertes plus récentes telles que Capricornus-1X et Volans-1X, forées par Rhino Resources en 2025, ainsi que les découvertes du complexe Mopane par Galp en 2024. Pour Venus, des partenaires tels que NAMCOR, QatarEnergy et Impact Oil and Gas se sont engagés à faire avancer le développement, la décision finale d'investissement étant prévue pour début 2026.
Dans le même temps, en Côte d'Ivoire, la découverte de Calao, annoncée en mars 2024 à partir du puits Murene 1X dans le bloc CI-205, a été évaluée à environ 1 à 1,5 milliard de barils équivalent pétrole, ce qui en fait la deuxième plus grande découverte offshore du pays après Baleine. Les travaux d'évaluation et de prospection sismique se poursuivent dans les blocs ivoiriens et namibiens, reflétant une forte volonté de convertir ces découvertes en production.
Ce contraste entre le remaniement des licences dans les bassins traditionnels comme ceux du Nigeria et du Ghana, et le développement accéléré des zones pionnières en Namibie et en Côte d'Ivoire, reflète une double tendance dans le secteur des eaux profondes en Afrique : d'une part, les zones établies sont réévaluées selon de nouveaux paramètres de risque, et d'autre part, les bassins émergents sont poussés vers un développement rapide.
Dans ce contexte, le forum Invest in African Energy 2026 à Paris proposera une table ronde consacrée au thème « Réduire les risques liés à l'exploration en eaux profondes pour les découvertes africaines valant des milliards de dollars », qui réunira des géoscientifiques, des analystes de données, opérateurs, financiers et régulateurs pour discuter de la manière dont les méthodes modernes – de l'imagerie géophysique avancée et du retraitement sismique 3D/4D à la modélisation probabiliste des réservoirs et aux cadres de risque à l'échelle du bassin – peuvent transformer des prospects pionniers à haut risque en actifs crédibles et finançables.
Dans des régions telles que le bassin Orange en Namibie et les zones offshore profondes de Côte d'Ivoire, ces outils pourraient faire la différence entre une évaluation prolongée et une avancée décisive vers l'exploitation des découvertes frontalières. Dans des zones plus matures, telles que le delta occidental du Nigeria et le WCTP2 au Ghana, ces mêmes technologies pourraient aider à réévaluer le potentiel des ressources, à optimiser les programmes de travail et à attirer des financements dans un contexte où le rapport risque/récompense fait l'objet d'un examen plus rigoureux.
Pour les investisseurs comme pour les États hôtes, la convergence entre les nouveaux accords de licence, le développement actif des frontières et l'amélioration des capacités techniques offre une fenêtre d'opportunité étroite. Les décisions qui seront prises au cours des 12 à 24 prochains mois (qu'il s'agisse de forages, d'évaluations ou d'abandons) détermineront probablement si le secteur africain des eaux profondes pourra s'imposer comme un moteur de croissance stable. À l'heure actuelle, avec la fluctuation des actifs, l'émergence de nouveaux bassins et la demande croissante d'investissements disciplinés, l'IAE 2026 représente une réelle opportunité de mettre en place les cadres fondamentaux pour l'avenir de l'Afrique offshore.
IAE 2026 est un forum exclusif conçu pour mettre en relation les marchés africains de l'énergie avec les investisseurs mondiaux, servant de plateforme clé pour la conclusion d'accords en amont de la Semaine africaine de l'énergie. Prévu les 22 et 23 avril 2026 à Paris, l'événement offrira aux délégués deux jours d'engagement approfondi avec des experts de l'industrie, des développeurs de projets, des investisseurs et des décideurs politiques. Pour plus d'informations, visitez le site www.invest-africa-energy.com. Pour parrainer ou s'inscrire en tant que délégué, veuillez contacter sales@energycapitalpower.com

