L'entrée en bourse de la RDC, d'un montant de 1,25 milliard de dollars, donne un nouvel élan aux investissements dans le secteur de l'énergie
La République démocratique du Congo (RDC) se présentera au prochain forum « Invest in African Energy » (IAE) à Paris avec une crédibilité renouvelée, après le lancement de sa première émission d’euro-obligations souveraines d’un montant de 1,25 milliard de dollars – une opération qui est déjà en train de redéfinir la perception qu’ont les investisseurs de la viabilité financière du pays. Pour un marché longtemps caractérisé par un potentiel inexploité, cette opération constitue un signe concret que la RDC est en train de mettre en place les fondements financiers nécessaires à la réalisation de projets énergétiques à grande échelle.
Avec un potentiel hydroélectrique estimé à 100 GW – soit environ 13 % du total mondial –, la RDC dispose de l'une des plus importantes ressources en énergies renouvelables inexploitées au monde. Pourtant, la capacité installée reste inférieure à 3 GW, ce qui met en évidence à la fois l'ampleur du retard et l'ampleur des opportunités.
Au cœur de cette vision à long terme se trouve le projet Grand Inga, un aménagement en plusieurs phases sur le fleuve Congo qui, une fois achevé, pourrait produire entre 40 et 70 GW. Le projet a récemment pris de l'élan, la RDC accélérant ses plans de développement en prévision d'un engagement renouvelé avec les acheteurs régionaux, notamment l'Afrique du Sud. Bien que les délais restent incertains, même une mise en service partielle – comme la phase Inga III, prévue de longue date et estimée à environ 11 GW – figurerait parmi les plus grands projets énergétiques au monde et constituerait la pierre angulaire du commerce transfrontalier d'électricité en Afrique australe et centrale.
Au-delà des mégaprojets, un programme de projets plus immédiat prend forme. La RDC et TotalEnergies poursuivent leurs discussions concernant le projet hydroélectrique Ruzizi II (206 MW), un projet transfrontalier mené en collaboration avec le Burundi, tandis que la construction de la centrale hydroélectrique de Katende (64 MW) a débuté en juillet 2025 afin de renforcer l'approvisionnement national, en particulier pour les régions minières du Kasaï.
Pour les investisseurs, les opportunités ne se limitent pas à la production d'électricité. Le réseau de transport et de distribution de la RDC reste très peu développé, avec des taux d'électrification inférieurs à 20 % à l'échelle nationale et nettement plus faibles dans les zones rurales. L'extension du réseau, les interconnexions transfrontalières et les solutions énergétiques décentralisées – notamment les mini-réseaux – constituent des secteurs porteurs qui s'inscrivent dans le cadre tant du financement du développement que des investissements commerciaux.
En établissant une référence souveraine et en renouant avec les marchés financiers internationaux, le gouvernement commence à mettre en place un cadre tarifaire susceptible de soutenir le financement de projets à grande échelle. Cela s'avère particulièrement pertinent dans le secteur de l'énergie, où les capitaux à long terme, les instruments d'atténuation des risques et les structures de financement mixte sont essentiels pour permettre la réalisation des projets.
À l'IAE Paris, le ministre de l'Énergie hydroélectrique et de l'Électricité de la RDC, Aimé Sakombi Molendo, devrait présenter les priorités axées sur l'accélération de la mise en œuvre des projets, l'élargissement de la participation du secteur privé et le renforcement de la clarté réglementaire. Pour les investisseurs participant au forum, l'accent sera mis sur les opportunités concrètes, en particulier celles pouvant être structurées grâce à un soutien au financement du développement ou s'appuyant sur la demande industrielle.
Le secteur minier de la RDC – qui représente plus de 70 % de la production mondiale de cobalt – continue de faire face à des pénuries d'électricité qui freinent la production et limitent la transformation en aval. La résolution de ces contraintes grâce à des investissements ciblés dans la production d'électricité et le réseau constitue une opportunité d'entrée claire et génératrice de revenus pour les promoteurs du secteur de l'énergie et les fonds d'infrastructure.
Des risques subsistent, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre des projets et la stabilité régionale. Toutefois, l'émission d'euro-obligations montre que les investisseurs sont de plus en plus disposés à s'engager là où il existe une perspective crédible de rentabilité. Dans le cas de la RDC, cette perspective se précise : elle repose sur des projets bancables, une demande énergétique en hausse et un gouvernement qui cherche à aligner sa stratégie financière sur la réalisation d'infrastructures.
IAE 2026 est un forum exclusif conçu pour mettre en relation les marchés africains de l'énergie avec les investisseurs mondiaux, servant de plateforme clé pour la conclusion d'accords en amont de la Semaine africaine de l'énergie. Prévu les 22 et 23 avril 2026 à Paris, l'événement offrira aux délégués deux jours d'engagement approfondi avec des experts de l'industrie, des développeurs de projets, des investisseurs et des décideurs politiques. Pour plus d'informations, visitez le site www.invest-africa-energy.com. Pour parrainer ou s'inscrire en tant que délégué, veuillez contacter sales@energycapitalpower.com
