L'UE renforce son soutien au traitement des minerais africains grâce à un nouveau pacte
Ces derniers mois, l'Europe a intensifié ses efforts pour sécuriser les chaînes d'approvisionnement stratégiques nécessaires à la transition énergétique. En novembre 2025, un accord historique entre l'Union européenne et l'Afrique du Sud a marqué un tournant important : au lieu d'exporter du minerai brut, les pays africains et leurs partenaires européens se concentreront désormais sur la transformation et la valorisation des matières premières sur le sol africain. Cet accord, qui constitue l'un des signes les plus évidents à ce jour d'une nouvelle stratégie UE-Afrique en matière de ressources, est en train de redessiner la dynamique historique des chaînes d'approvisionnement.
Dans le cadre de cet accord, l'UE s'engage à investir 750 millions d'euros dans le cadre de son programme Global Gateway, promettant d'injecter des fonds dans des projets d'infrastructure, de déploiement d'énergies propres et d'industrialisation en Afrique. Du côté sud-africain, le plan prévoit la transformation locale des minerais extraits, afin que les matériaux exportés quittent le continent sous forme de métaux raffinés ou de composants précurseurs plutôt que de minerais bruts.
Dans le même temps, les changements structurels dans les principaux centres d'approvisionnement, tels que la République démocratique du Congo, témoignent d'une évolution de la dynamique du marché. La société minière publique du pays a récemment formé une coentreprise avec la multinationale suisse Mercuria Energy Trading afin d'améliorer la transparence, le contrôle et la rétention de la valeur de sa production de cuivre, de cobalt et d'autres minéraux essentiels. Cette initiative reflète la pression croissante exercée sur les pays riches en ressources naturelles pour qu'ils dépassent le modèle traditionnel d'exportation de matières premières avec un bénéfice minimal pour le marché intérieur.
Ces développements s'inscrivent dans un contexte de forte augmentation de la demande mondiale en métaux pour batteries, terres rares et autres minéraux essentiels à la fabrication de véhicules électriques, aux énergies renouvelables, aux technologies numériques et aux infrastructures vertes. Pour l'Europe, il est devenu stratégiquement impératif de diversifier ses sources d'approvisionnement afin de ne plus dépendre d'un petit nombre de centres de traitement, dont beaucoup sont concentrés en Asie. Pour l'Afrique, cela promet l'industrialisation, la création d'emplois, le transfert de technologies et une répartition plus équitable de la valeur mondiale des minéraux.
Cependant, ce changement n'est pas uniquement lié à des considérations économiques ou à la sécurité de l'approvisionnement. Il reflète également une prise de conscience croissante, des deux côtés de la Méditerranée, que le développement durable, la transition vers les énergies propres et la résilience à long terme nécessitent une collaboration plus étroite. Les nouveaux partenariats miniers entre l'UE et l'Afrique intègrent les capacités de raffinage et de transformation aux infrastructures énergétiques propres et à une planification industrielle plus large, alignant ainsi les stratégies en matière de ressources sur les objectifs des politiques climatiques, commerciales et de développement.
Prévue pour l'édition 2026 du Forum Invest in African Energy (IAE) à Paris, une discussion sur les « Partenariats à l'ère des relations Afrique-Europe dans le domaine des minéraux critiques » arrive à un moment où les intentions politiques, financières et industrielles commencent à s'aligner, mais où la mise en œuvre pratique reste incertaine. Des questions clés demeurent : comment structurer des accords d'achat qui équilibrent équitablement les risques et les avantages ; quels modèles de financement peuvent augmenter la capacité de traitement tout en garantissant la durabilité ; et quels cadres réglementaires peuvent soutenir des chaînes de valeur minérales transparentes, responsables et alignées sur le climat.
En réunissant les gouvernements africains, les régulateurs européens et les investisseurs du secteur privé, l'IAE 2026 offre un forum opportun pour relever ces défis. Elle a le potentiel de transformer les engagements de haut niveau en feuilles de route concrètes, décrivant des voies concrètes pour le raffinage, la fabrication de précurseurs, l'intégration des énergies propres et les infrastructures d'exportation.
IAE 2026 est un forum exclusif conçu pour mettre en relation les marchés africains de l'énergie avec les investisseurs mondiaux, servant de plateforme clé pour la conclusion d'accords en amont de la Semaine africaine de l'énergie. Prévu les 22 et 23 avril 2026 à Paris, l'événement offrira aux délégués deux jours d'engagement approfondi avec des experts de l'industrie, des développeurs de projets, des investisseurs et des décideurs politiques. Pour plus d'informations, visitez le site www.invest-africa-energy.com. Pour parrainer ou s'inscrire en tant que délégué, veuillez contacter sales@energycapitalpower.com

