Les grands groupes européens réinvestissent en Afrique et ouvrent un nouveau chapitre dans le développement de l'amont pétrolier
Les grandes compagnies pétrolières européennes et leurs réseaux de services intensifient leurs réinvestissements dans le secteur amont africain. En 2025, l'activité en Afrique occidentale et centrale a mis en évidence une tendance plus large : les acteurs européens ne sont plus seulement des opérateurs, mais aussi des piliers du capital structuré et du co-investissement, redéfinissant la manière dont les champs frontaliers et à mi-vie attirent les financements, l'expertise technique et les partenariats stratégiques.
Au Nigeria, TotalEnergies a renforcé sa stratégie offshore grâce à un accord de farm-out conclu avec Chevron dans le bassin du delta occidental, s'adjoignant ainsi un partenaire stratégique tout en conservant l'exploitation des licences PPL 2000 et PPL 2001. La cession d'une participation de 40 % permet à TotalEnergies de répartir le risque lié à l'exploration tout en accélérant les travaux techniques et le déploiement de capitaux avant le forage prévu. Cet accord reflète une tendance européenne plus large vers le développement collaboratif de projets plutôt que vers la sortie des actifs africains en amont.
En République du Congo, TotalEnergies a obtenu en septembre 2025 le permis d'exploration Nzombo aux côtés de QatarEnergy et de la SNPC, afin de forer des cibles à fort potentiel près des installations de Moho qui soutiennent déjà d'importants volumes de production. Associée à une campagne de forage de 500 millions de dollars sur le champ Moho Nord, cette licence illustre la manière dont les grandes entreprises européennes investissent à la fois dans l'exploration et dans le maintien de la production des champs existants.
Parallèlement, la société indépendante londonienne Trident Energy s'est développée grâce à l'acquisition des participations de Chevron Overseas (Congo), notamment dans les champs Nkossa et Nsoko II et une participation dans Lianzi, se positionnant ainsi comme l'un des principaux exploitants d'actifs matures générant des flux de trésorerie à court terme tout en soutenant le potentiel d'exploration à long terme.
L'italien Eni est tout aussi actif. En Angola, la société a mis en service en novembre 2025 une usine de traitement de gaz d'une capacité de 400 millions de pieds cubes standard par jour à Soyo, qui traite la production des champs de Quiluma et Maboqueiro afin de soutenir les exportations de GNL et l'industrie nationale. Au Congo, Eni poursuit la phase 2 de son projet GNL, avec pour objectif une première cargaison début 2026, tandis qu'en Égypte, les campagnes de forage à Zohr et sur d'autres sites méditerranéens prolongent la durée de vie des champs et maintiennent la production. Ces initiatives reflètent la stratégie d'Eni qui consiste à optimiser les infrastructures existantes tout en libérant de nouveaux volumes en amont.
Les prestataires de services européens affichent également leur confiance en concluant des contrats précoces. TechnipFMC a remporté en décembre 2025 un important contrat EPCI sous-marin auprès d'Eni pour le projet Coral Norte FLNG au Mozambique, tandis que Saipem a décroché six projets d'engrais pour Dangote Fertilizer au Nigeria et 135 millions de dollars de contrats de forage offshore en Afrique de l'Ouest, en Méditerranée et en Extrême-Orient. Ces contrats soulignent la capacité de l'écosystème à soutenir des développements à grande échelle, souvent précurseurs de la validation complète des projets.
Pour les investisseurs, le réengagement européen ouvre la voie à des co-investissements. Les grandes entreprises apportent leur expertise technique, leurs relations bancaires, leur accès aux marchés financiers et leurs outils de financement structurés, qui peuvent réduire le coût du capital pour des projets historiquement considérés comme à haut risque. Les fonds de pension, les fonds souverains et les sociétés de capital-investissement peuvent participer aux côtés des opérateurs dans les capitaux propres des projets, les programmes de forage et les entreprises de services.
Cette dynamique est au cœur du forum Invest in African Energy (IAE), prévu les 22 et 23 avril 2026 à Paris. Cet événement rassemble des ministres, des dirigeants de compagnies pétrolières nationales, des investisseurs et des prestataires de services pour un dialogue de haut niveau et la conclusion d'accords, en mettant l'accent sur l'exploration pionnière, le développement précoce et le financement structuré en amont. Les délégués exploreront les opportunités de co-investissement avec les grandes entreprises européennes et leurs partenaires financiers, et acquerront des connaissances sur les cadres de partage des risques et les nouveaux corridors africains en amont.
À mesure que les opérateurs et les sociétés de services européens renforcent leur présence en amont en Afrique, ils offrent un modèle de déploiement discipliné des capitaux, de financement structuré et de partenariats durables qui pourrait définir le prochain chapitre du développement des hydrocarbures sur le continent.
IAE 2026 est un forum exclusif conçu pour mettre en relation les marchés africains de l'énergie avec les investisseurs mondiaux, servant de plateforme clé pour la conclusion d'accords en amont de la Semaine africaine de l'énergie. Prévu les 22 et 23 avril 2026 à Paris, l'événement offrira aux délégués deux jours d'engagement approfondi avec des experts de l'industrie, des développeurs de projets, des investisseurs et des décideurs politiques. Pour plus d'informations, visitez le site www.invest-africa-energy.com. Pour parrainer ou s'inscrire en tant que délégué, veuillez contacter sales@energycapitalpower.com

