Le Gabon fixe un délai de quatre mois pour les contrats d'ExxonMobil et de bp, tandis que la campagne en faveur de l'exploitation en eaux profondes s'intensifie lors du forum de Paris
Le Gabon prévoit de transformer les accords de reconnaissance signés avec ExxonMobil et bp en octobre 2025 en contrats d'exploration fermes d'ici trois à quatre mois, a confirmé mercredi le ministre du Pétrole, Clotaire Kondja, lors du forum « Invest in African Energy » à Paris. Ces protocoles d'accord portent sur des zones en eaux profondes et ultra-profondes situées dans le secteur offshore du Gabon, largement inexploré, et marquent le retour de ces deux compagnies pétrolières internationales dans ce bassin pionnier d'Afrique centrale.
Le Gabon a révisé son code pétrolier afin de renforcer la compétitivité des conditions applicables aux zones en eaux profondes et ultra-profondes. « Tout le monde ne s'engage pas dans les eaux profondes et ultra-profondes », a déclaré M. Kondja, expliquant pourquoi le gouvernement a ciblé certaines grandes compagnies plutôt que d'organiser des appels d'offres à grande échelle.
M. Kondja a cité le puits N'Gongui-2, exploité par la société publique Assala Energy, comme preuve que la refonte du secteur amont du pays porte ses fruits. « L'acquisition d'Assala était une vision de notre président — cette vision est désormais productive », a-t-il déclaré. Assala, désormais détenue à 100 % par la Gabon Oil Company suite à une acquisition de 1,3 milliard de dollars auprès du groupe Carlyle en 2024, a annoncé la première production de pétrole sur le champ de Grand N'Gongui le 12 avril. Une production maximale de plus de 10 000 barils par jour (bpj) est attendue grâce à un programme en plusieurs phases portant sur 60 puits, le ministre visant 50 000 bpj pour l'ensemble du portefeuille d'Assala.
Cette offensive en amont s'inscrit dans le cadre d'un programme d'industrialisation nationale assorti d'un échéancier politique strict. Le président du Gabon a en effet ordonné que toutes les ressources, notamment le fer, le manganèse, les métaux rares et l'or, soient transformées sur le territoire national d'ici 2029. Le gaz occupe une place centrale dans ce plan, et M. Kondja l'a présenté comme un atout structurel en matière d'investissement. « Investir au Gabon a un double effet : le gaz, qui est une énergie propre, permettra de maintenir l'indice carbone du Gabon », a-t-il déclaré, en évoquant les actifs de la région de Gamba dont la mise en service est prévue dans les 24 mois.
Le Gabon dispose de 28 000 milliards de pieds cubes de réserves de gaz terrestres confirmées, et un nouveau code du gaz offrant des conditions favorables aux investisseurs est en cours d'élaboration. Parallèlement, la construction d'un gazoduc de 130 à 150 km reliant Gamba à Libreville, au sud, devrait s'achever d'ici 24 mois, les engagements de financement étant déjà en place. « Nous avons le potentiel, nous avons le pétrole, nous avons la demande. Tout ce que nous recherchons maintenant, ce sont des investissements », a déclaré M. Kondja. La concrétisation par ExxonMobil et bp de leurs protocoles d'accord dans les délais qu'il a fixés constituera le premier test permettant de savoir si les investisseurs sont d'accord.
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