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1er avril 2026

La réorientation du plan gazier marocain pourrait ouvrir la voie à de nouveaux modèles d'investissement

La réorientation du plan gazier marocain pourrait ouvrir la voie à de nouveaux modèles d'investissement

La décision prise par le Maroc en début d'année de suspendre certains volets de sa stratégie d'importation de GNL, attendue depuis longtemps, constitue moins un retard qu'un réajustement stratégique – qui reflète à la fois l'évolution de la dynamique des marchés mondiaux et une approche plus pragmatique du développement des infrastructures.

En janvier 2026, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable a suspendu les appels d'offres concernant un projet de terminal d'importation de GNL à Nador West Med et les infrastructures de gazoducs associées, quelques semaines seulement après le lancement de la procédure en décembre 2025. Le projet proposé était ambitieux : un terminal flottant d'une capacité de regazéification d'environ 5 milliards de mètres cubes (bcm) par an – soit plus de quatre fois la demande actuelle en gaz du Maroc, qui s'élève à environ 1 bcm – destiné à ancrer un réseau gazier national reliant les pôles industriels de Nador à Kénitra et Mohammedia.

Si la volatilité du marché mondial du GNL, la hausse des coûts de financement et les incertitudes entourant la demande à long terme ont compliqué la rentabilité des infrastructures d'importation à grande échelle, la décision du Maroc de réexaminer à la fois le calendrier et la structure de ces projets témoigne d'une approche mesurée et tournée vers l'avenir. Plutôt que de s'enfermer dans un modèle à forte intensité capitalistique, le pays se donne les moyens d'adapter le développement des infrastructures aux réalités du marché.

Cette annonce intervient à un moment crucial. La demande en gaz devrait atteindre environ 8 milliards de mètres cubes d’ici 2027, sous l’impulsion de la production d’électricité et de la croissance industrielle, alors que le Maroc réduit sa dépendance au charbon et vise à ce que les énergies renouvelables représentent 52 % de la capacité installée d’ici 2030. Pour répondre à cette demande, de nouvelles infrastructures seront nécessaires, mais elles devront de plus en plus prendre des formes offrant flexibilité, évolutivité et une meilleure répartition des risques.

Le développement de solutions modulaires pour le GNL est un domaine qui gagne du terrain. Les infrastructures mises en place par étapes – en particulier les unités flottantes de stockage et de regazéification – permettent de mettre plus rapidement en service de nouvelles capacités tout en réduisant l'investissement initial. Ces modèles permettent d'adapter l'offre à l'évolution de la demande et offrent une plus grande résilience dans un contexte de volatilité des prix.

Parallèlement, le Maroc poursuit ses réformes visant à renforcer la structure du marché et à améliorer la compétitivité. Les décideurs politiques ont souligné la nécessité d'une participation accrue du secteur privé, parallèlement aux réformes en cours au sein des entités publiques, notamment l'ONHYM, qui visent à améliorer la transparence des prix et l'efficacité du marché. À mesure que l'ONHYM évolue vers un cadre plus commercial, son rôle dans la facilitation des partenariats et la promotion des investissements dans les segments du midstream et de la conversion du gaz en électricité devrait s'étendre.

Les infrastructures existantes du Maroc favorisent également cette transition. Depuis 2022, le pays importe du GNL via des terminaux espagnols en utilisant les flux inversés du gazoduc Maghreb-Europe, ce qui lui assure un approvisionnement provisoire sans nécessiter de mise en service immédiate d'installations de regazéification à grande échelle sur son territoire. Bien que sa capacité soit limitée, ce système offre une certaine souplesse et permet au Maroc d'optimiser le calendrier et la structure de ses futurs investissements.

Pour les investisseurs, cette réorientation élargit l'éventail des opportunités. Plutôt que de se limiter à un seul terminal GNL de grande envergure, il est désormais possible de s'impliquer dans une chaîne de valeur plus diversifiée, allant du stockage et de la regazéification jusqu'aux utilisations industrielles en aval et à la production d'électricité. Les projets de moindre envergure, mis en œuvre par étapes, sont non seulement plus flexibles, mais aussi mieux adaptés aux conditions de financement actuelles, ce qui favorise un déploiement plus efficace des capitaux.

L'évolution de la stratégie du Maroc sera au cœur du Forum « Invest in African Energy » (IAE) qui se tiendra à Paris le mois prochain, où le pays fera l'objet d'une session spéciale intitulée « Country Spotlight ». Avec la participation de l'ONHYM et d'autres acteurs de premier plan, dont la directrice générale Amina Benkhadra, ce forum offrira une tribune pour présenter la nouvelle feuille de route du Maroc en matière de gaz et échanger directement avec les investisseurs sur les opportunités émergentes tout au long de la chaîne de valeur.

Avec une demande de gaz qui devrait atteindre jusqu'à 12 milliards de mètres cubes d'ici 2030, les fondamentaux à long terme du Maroc restent solides. Ce qui change, c'est le modèle : on s'oriente vers des solutions plus souples et axées sur les aspects commerciaux, qui tiennent compte à la fois des conditions du marché et des priorités des investisseurs.

Alors que le Maroc affine sa stratégie en matière de GNL, son approche met en évidence une tendance plus générale observable sur les marchés émergents : dans un contexte énergétique mondial instable, la capacité d'adaptation est de plus en plus déterminante pour la réussite des investissements.

IAE 2026 est un forum exclusif conçu pour mettre en relation les marchés africains de l'énergie avec les investisseurs mondiaux, servant de plateforme clé pour la conclusion d'accords en amont de la Semaine africaine de l'énergie. Prévu les 22 et 23 avril 2026 à Paris, l'événement offrira aux délégués deux jours d'engagement approfondi avec des experts de l'industrie, des développeurs de projets, des investisseurs et des décideurs politiques. Pour plus d'informations, visitez le site www.invest-africa-energy.com. Pour parrainer ou s'inscrire en tant que délégué, veuillez contacter sales@energycapitalpower.com

 

 

 

 

 

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