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27 oct. 2025

Accords à surveiller dans le secteur de l'énergie en Afrique avant IAE 2026

Accords à surveiller dans le secteur de l'énergie en Afrique avant IAE 2026
Une série de protocoles d'accord signés au cours de l'année écoulée pourrait façonner le paysage énergétique de l'Afrique en 2026 et au-delà. Bien que préliminaires, ces accords témoignent d'une confiance accrue des investisseurs, d'une coopération transfrontalière plus forte et d'un nouvel élan dans le domaine des hydrocarbures et des énergies renouvelables. Certains pourraient se transformer en contrats commerciaux ou en engagements financiers d'ici le Forum "Investir dans l'énergie en Afrique" (IAE) qui se tiendra à Paris en avril prochain - un point de rencontre clé pour les investisseurs en énergie du continent - tandis que d'autres restent largement de nature politique et nécessiteront un suivi soutenu pour gagner du terrain. Voici sept protocoles d'accord signés en 2025 qui méritent d'être suivis : le lieu de leur signature, leur contenu et leurs perspectives réalistes de se traduire par des accords concrets au cours de l'année à venir.

 La NOC de Libye et ExxonMobil

En août 2025, la National Oil Corporation de Libye a signé un accord avec ExxonMobil pour la réalisation d'études géologiques et géophysiques sur quatre blocs offshore, marquant ainsi le retour le plus important de l'entreprise dans le secteur amont de la Libye depuis plus d'une décennie. Ce pacte devrait déboucher sur des campagnes sismiques et des évaluations techniques qui, si les résultats sont positifs, pourraient ouvrir la voie à des discussions sur l'octroi de licences ou à des accords d'exploitation. Son importance stratégique réside non seulement dans l'envergure technique et financière d'ExxonMobil, mais aussi dans le signal qu'il envoie quant à la réouverture progressive de la Libye aux grandes compagnies pétrolières occidentales.

REA et WeLight au Nigeria

L'Agence d'électrification rurale du Nigeria et WeLight ont conclu un protocole d'accord en mars 2025 pour développer des mini-réseaux et des méta-réseaux renouvelables visant à élargir l'accès à l'électricité dans les communautés rurales et périurbaines. Visant à mettre en place 400 mini-réseaux et 50 méta-réseaux d'ici à 2030, cette initiative montre que les solutions énergétiques décentralisées gagnent du terrain dans la plus grande économie d'Afrique. La mise en œuvre de ces projets pourrait contribuer de manière significative aux objectifs nationaux d'électrification - en améliorant l'accès pour jusqu'à deux millions de personnes - et renforcer la coopération public-privé dans le domaine de l'énergie propre.

Etu Energias et le bloc 17/06

Lors de la Semaine africaine de l'énergie 2025 au Cap, la société angolaise Etu Energies a obtenu un financement structuré pour soutenir sa participation de 7,5 % dans le bloc 17/06, où se trouve le projet Begonia, qui a commencé à produire au début de l'année avec une production prévue de 30 000 barils par jour. Les partenaires du bloc sont Sonangol E&P, SSI, Etu Energies et Falcon Oil, TotalEnergies étant l'opérateur. Le financement permettra de poursuivre les activités de développement, notamment l'expansion des infrastructures et l'optimisation de la production, ce qui pourrait accroître la production et l'efficacité opérationnelle en 2026. Cet accord témoigne de la confiance croissante des investisseurs dans le secteur amont de l'Angola et souligne le rôle des entreprises énergétiques indépendantes africaines dans la production, la participation locale et la création de valeur.

Sonatrach et Occidental Petroleum

En Algérie, Sonatrach et la société américaine Occidental Petroleum ont signé deux protocoles d'accord en avril 2025 pour collaborer à l'exploration et à la production d'hydrocarbures. Ces accords témoignent d'un engagement renouvelé entre l'Algérie et les opérateurs internationaux, alors que le pays cherche à maintenir sa production et à accroître sa capacité d'exportation. En combinant l'expertise technique d'Occidental et l'infrastructure établie de Sonatrach, le partenariat pourrait permettre de débloquer de nouvelles opportunités en amont en Afrique du Nord. Ces protocoles d'accord servent souvent de passerelle entre la coopération technique et les accords commerciaux, en fonction du soutien du gouvernement hôte, du potentiel d'exploration et des conditions fiscales.

Système de pipelines d'Afrique centrale

En juillet 2025, l'Organisation des producteurs de pétrole africains et plusieurs gouvernements d'Afrique centrale ont signé un mémorandum régional lançant une étude de faisabilité pour le Système de pipelines d'Afrique centrale (CAPS). Le projet prévoit un réseau d'oléoducs et de gazoducs multi-pays visant à renforcer la sécurité énergétique régionale et l'intégration des marchés. Bien qu'il n'en soit qu'à ses débuts, le protocole d'accord reflète un effort coordonné pour faire progresser le développement d'infrastructures à long terme dans la région. Une étude de faisabilité solide et bien financée sera cruciale avant que les promoteurs du projet ou les institutions de financement du développement ne passent aux phases de passation des marchés ou de financement.

Groupe Mitrelli et HYDRO-LINK

Les partenaires du secteur privé Mitrelli Group et HYDRO-LINK ont signé un protocole d'accord en 2025 pour collaborer à un projet de ligne de transmission de 1 150 km reliant l'Angola et la République démocratique du Congo. L'interconnexion permettrait d'améliorer le commerce de l'électricité et la stabilité du réseau entre les deux pays, soutenant ainsi les objectifs d'électrification de la région. S'il progresse, le projet pourrait attirer des institutions de financement du développement et des crédits à l'exportation en raison de son potentiel d'intégration transfrontalière et d'intégration des énergies renouvelables.

Petromoc et Aiteo

En mai 2025, la compagnie pétrolière publique du Mozambique, Petromoc, s'est associée à la société nigériane Aiteo Eastern E&P pour développer une raffinerie de pétrole modulaire au Mozambique. Le projet vise à construire une installation d'une capacité de traitement de 200 000 barils par jour, produisant de l'essence, du diesel, du carburéacteur et du naphta pour répondre à la demande locale et soutenir le commerce régional. Cette initiative s'inscrit dans la stratégie du Mozambique visant à renforcer sa capacité de raffinage nationale et à réduire sa dépendance à l'égard des importations, tout en consolidant sa position de plaque tournante régionale de l'énergie en Afrique australe. 

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