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14 avril 2026

Le MSGBC redéfinit le modèle d'investissement énergétique en Afrique de l'Ouest

Le MSGBC redéfinit le modèle d'investissement énergétique en Afrique de l'Ouest

La région MSGBC entre dans une nouvelle phase de développement énergétique où la production gazière en amont, les infrastructures de GNL et les réseaux électriques en aval fonctionnent de plus en plus comme un écosystème d'investissement interconnecté plutôt que comme des projets nationaux isolés.

Cette évolution structurelle devrait être au cœur des débats lors du Forum « Invest in African Energy » (IAE) qui se tiendra à Paris la semaine prochaine, où une session spéciale intitulée « Investir dans le bassin MSGBC » réunira des décideurs politiques et des investisseurs afin d’évaluer la prochaine phase de développement du bassin. Parmi les participants confirmés figurent le ministère sénégalais de l'Énergie, du Pétrole et des Mines, le ministère des Ressources naturelles de Guinée-Bissau, le ministère de l'Énergie, de l'Hydroélectricité et des Hydrocarbures de Guinée-Conakry, la Commission pétrolière de Gambie et la SONAP.

Valorisation des ressources du bassin du MSGBC

Au cœur de l'évolution du profil énergétique de la région se trouve la commercialisation des ressources gazières et pétrolières offshore, portée par des projets d'exploitation à grande échelle qui redéfinissent déjà les recettes d'exportation et les flux d'investissement.

Le projet Greater Tortue Ahmeyim, développé par bp et Kosmos Energy, recèle environ 15 000 milliards de pieds cubes de gaz récupérable et est prévu pour produire environ 2,5 millions de tonnes de GNL par an lors de sa première phase. Parallèlement, le gisement sénégalais de Sangomar, exploité par Woodside Energy, a déjà produit plus de 36 millions de barils de pétrole en 2025, confirmant ainsi l'émergence du pays en tant que nouvel exportateur d'hydrocarbures.

Ces projets commencent à modifier sensiblement les balances extérieures et la composition des exportations. Le Sénégal, en particulier, a accru sa part dans le commerce régional, représentant près de 20 % des exportations de l'UEMOA en 2025, ce qui témoigne des premiers effets macroéconomiques de la production d'hydrocarbures.

Au-delà de ces actifs clés, d’autres opportunités en sont encore aux premiers stades d’évaluation. Les blocs offshore A2 et A5 de la Gambie font toujours l’objet d’une réévaluation dans le cadre des régimes d’octroi de licences régionaux, tandis qu’en Guinée-Bissau, l’arrivée récente de Chevron sur des zones offshore témoigne d’un regain d’intérêt pour les gisements situés en périphérie du bassin. Bien que ces ressources soient encore moins bien définies que les gisements exploités au Sénégal et en Mauritanie, elles mettent en évidence la continuité géologique plus large du système MSGBC.

Des projets d'exportation à une infrastructure énergétique intégrée

Au Sénégal, la raffinerie publique Société Africaine de Raffinage fait actuellement l'objet d'un vaste projet d'extension, dont l'objectif est de faire passer sa capacité de production d'environ 1,2 à 1,4 million de tonnes par an à environ 5,5 millions de tonnes. Cette modernisation vise à améliorer l'approvisionnement national en carburants et à renforcer le rôle du Sénégal en tant que pôle régional potentiel pour les produits raffinés.

Parallèlement, la Guinée-Conakry poursuit ses initiatives visant à convertir le GNL en électricité, notamment le programme GNL d'Afrique de l'Ouest, destiné à fournir de l'électricité produite à partir du gaz aux utilisateurs industriels du secteur de la bauxite. Cela reflète une tendance générale selon laquelle les infrastructures énergétiques s'articulent de plus en plus autour des pôles de demande industrielle plutôt que des seuls terminaux d'exportation.

La Gambie, quant à elle, s'inscrit dans les cadres de mise en commun des ressources énergétiques de la CEDEAO, contribuant ainsi à l'émergence progressive d'échanges transfrontaliers d'électricité et d'infrastructures de réseau partagées à travers l'Afrique de l'Ouest.

Une évolution vers un développement énergétique fondé sur les systèmes

Ces évolutions témoignent d'un changement structurel dans le mode de développement du bassin MSGBC : plutôt que de se limiter à des projets isolés en amont, la région se transforme de plus en plus en une plateforme énergétique systémique où les infrastructures de GNL, de raffinage et d'électricité sont interconnectées.

Cela permet de réduire la fragmentation dans le développement des projets et d'ouvrir de multiples voies de monétisation tout au long de la chaîne de valeur. La production de gaz peut désormais alimenter simultanément les exportations de GNL, la production d'électricité nationale, les utilisateurs industriels et les marchés régionaux de l'électricité, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités d'investissement dans les gazoducs, les capacités de regazéification, ainsi que les infrastructures de stockage et de transport.

À mesure que ce modèle mûrit, la région du MSGBC passe d'une phase initiale de mise en valeur des ressources à la mise en place d'un système énergétique intégré. Pour les investisseurs, les opportunités ne se limitent plus à la prospection en amont, mais s'étendent aux infrastructures nécessaires pour relier les ressources aux marchés de toute l'Afrique de l'Ouest.

IAE 2026 est un forum exclusif conçu pour mettre en relation les marchés africains de l'énergie avec les investisseurs mondiaux, servant de plateforme clé pour la conclusion d'accords en amont de la Semaine africaine de l'énergie. Prévu les 22 et 23 avril 2026 à Paris, l'événement offrira aux délégués deux jours d'engagement approfondi avec des experts de l'industrie, des développeurs de projets, des investisseurs et des décideurs politiques. Pour plus d'informations, visitez le site www.invest-africa-energy.com. Pour parrainer ou s'inscrire en tant que délégué, veuillez contacter sales@energycapitalpower.com

 

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