Projets d'énergie renouvelable à suivre avant le Forum de Paris sur l'énergie
Les marchés énergétiques africains développent un portefeuille diversifié de projets d'énergie renouvelable qui reflète une évolution générale, passant d'une planification nationale fragmentée vers des réseaux électriques intégrés et prêts à accueillir des investissements. Lors du Forum Invest in African Energy (IAE) qui se tiendra à Paris les 22 et 23 avril, des pays tels que le Sénégal, la RDC, Djibouti, la Zambie et la Guinée-Conakry devraient présenter des opportunités dans les domaines de l'énergie solaire, éolienne, géothermique et hydroélectrique, chacune offrant des points d'entrée distincts pour les développeurs, les financiers et les investisseurs institutionnels.
Le Sénégal continue de se positionner comme l'un des marchés des énergies renouvelables les mieux structurés d'Afrique de l'Ouest, grâce à son Partenariat pour une transition énergétique juste, qui a mobilisé jusqu'à 2,5 milliards d'euros en vue d'atteindre un objectif de 40 % d'électricité renouvelable d'ici 2030.
Dans ce contexte, des projets tels que la centrale solaire avec stockage NEA Kolda – développée par Axian Energy, Voltalia et Entech – associent une capacité solaire de 60 MWc à une capacité de stockage de 72 MWh, illustrant ainsi la transition du pays vers des énergies renouvelables hybrides et régulables. Ce projet s'inscrit dans une démarche plus large visant à renforcer la fiabilité du réseau tout en augmentant la part des énergies renouvelables.
Le potentiel de croissance à long terme repose sur le potentiel éolien offshore du Sénégal, estimé à 45 GW, ce qui place le pays en bonne position pour accueillir de futurs projets éoliens offshore à grande échelle dès que les infrastructures de transport d'électricité et le cadre réglementaire auront atteint leur maturité. Grâce à un contexte macroéconomique relativement stable et à la participation active des institutions financières de développement, le Sénégal offre aux investisseurs un point d'entrée présentant un risque relativement faible sur le marché des énergies renouvelables en Afrique de l'Ouest.
Déploiement à grande échelle des systèmes d'énergie décentralisée de la RDCLa RDC représente l'un des plus grands marchés africains inexploités en matière d'accès à l'énergie, avec un déficit structurel qui continue de freiner la demande industrielle et des ménages. De nouveaux cadres d'investissement voient le jour pour combler ce déficit à grande échelle.
L'initiative « Moyi Power Metro-Grids », menée par Gridworks et Eranove, vise à mobiliser 340 millions de dollars d'investissements pour déployer des systèmes solaires distribués dans plusieurs villes, notamment Bumba, Isiro et Gemena. Parallèlement, le Fonds Mwinda, soutenu par le gouvernement, mobilise 500 millions de dollars pour des systèmes solaires domestiques, des mini-réseaux et des solutions de cuisson propres, créant ainsi des passerelles structurées pour la participation du secteur privé par le biais d'appels d'offres publics.
À plus grande échelle, le programme « Energy for Prosperity » de 4 000 MW proposé par Sun Africa témoigne d’ambitions à long terme visant à intégrer l’énergie solaire, l’hydroélectricité et le stockage dans une stratégie nationale d’électrification. Bien que le projet en soit encore aux premières phases de structuration, le potentiel solaire de 70 GW de la RDC et son secteur minier en pleine expansion constituent des fondamentaux solides en matière de demande pour les futurs producteurs indépendants d’électricité (IPP) et les systèmes électriques hybrides.
La frontière géothermique de Djibouti
Djibouti affiche déjà l’un des taux de pénétration des énergies renouvelables les plus élevés d’Afrique, avec environ 80 % de l’électricité fournie par ces sources, principalement l’éolien et l’hydroélectricité importée. La prochaine phase de croissance sera axée sur le renforcement des capacités de production nationales et l’approvisionnement en électricité des industries.
Le projet Grand Bara d'AMEA Power, d'une puissance de 25 MW combinant énergie solaire et stockage, est sur le point d'être mis en service, tandis qu'un projet de centrale solaire de 100 MW prévu au port de Doraleh témoigne de l'importance accordée par le pays aux infrastructures renouvelables liées à l'industrie.
C'est dans l'énergie géothermique que réside la plus grande opportunité à long terme. Les premières études menées au lac Assal ont confirmé l'existence de ressources en vapeur exploitables, dont le potentiel de développement est initialement estimé entre 20 et 50 MW. Toutefois, les cadres réglementaires nécessaires à la commercialisation sont encore en cours d'élaboration, ce qui laisse la porte ouverte aux investisseurs souhaitant participer au capital ou aux projets d'électricité indépendants (IPP) dès les premières phases.
La transition énergétique de la Zambie, portée par le solaireLe système énergétique de la Zambie a été gravement affecté par la volatilité de la production hydroélectrique liée au climat, les récentes sécheresses ayant réduit la capacité de production de 3 777 MW à un peu plus de 1 000 MW. Cette situation a accéléré la transition urgente vers le déploiement de l'énergie solaire.
Le gouvernement a accéléré les procédures d'autorisation pour les nouveaux projets solaires, notamment grâce à une directive présidentielle réduisant les délais d'octroi des permis à seulement 48 heures pour les projets prioritaires. Le programme GETFiT a déjà permis de mettre en service 332 MW dans le cadre de plusieurs contrats d'achat d'électricité (CAE) signés, tandis que des projets tels que la centrale solaire de Chirundu (100 MW) et le projet Goldenray Energy (118 MW) viennent élargir le portefeuille de projets en vue d'atteindre une capacité à l'échelle industrielle.
Le soutien supplémentaire apporté par la Banque africaine de développement et les mécanismes de financement liés au carbone renforce encore la viabilité financière des projets, les accords d'achat structurés et les contrats d'achat d'électricité à long terme créant un environnement d'investissement plus clair pour les producteurs d'électricité indépendants.
Pôle régional de l'hydroélectricité de Guinée-ConakryLa stratégie de la Guinée-Conakry en matière d'énergies renouvelables s'appuie sur son vaste potentiel hydroélectrique, notamment le projet de Koukoutamba (294 MW), développé dans le cadre de l'Autorité de mise en valeur du bassin du fleuve Sénégal. Offrant un potentiel de commercialisation dans plusieurs pays – la Guinée, le Sénégal, le Mali et la Gambie –, ce projet constitue un actif régional rare en matière d'infrastructures, bénéficiant d'une demande transfrontalière intrinsèque.
Parallèlement, le gouvernement s'est engagé à développer 500 MW d'énergie solaire, dans le cadre d'un Pacte national pour l'énergie récemment lancé, sous l'égide de l'initiative « Mission 300 » de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. Ce cadre vise à étendre l'accès à l'électricité à près de 9 millions de personnes supplémentaires d'ici 2030, tout en portant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique à 67 %.
Le financement des infrastructures d'interconnexion, notamment de la ligne de transport d'électricité Guinée-Mali, renforce encore l'intérêt de l'investissement en reliant la production nationale aux marchés régionaux de l'électricité.
IAE 2026 est un forum exclusif conçu pour mettre en relation les marchés africains de l'énergie avec les investisseurs mondiaux, servant de plateforme clé pour la conclusion d'accords en amont de la Semaine africaine de l'énergie. Prévu les 22 et 23 avril 2026 à Paris, l'événement offrira aux délégués deux jours d'engagement approfondi avec des experts de l'industrie, des développeurs de projets, des investisseurs et des décideurs politiques. Pour plus d'informations, visitez le site www.invest-africa-energy.com. Pour parrainer ou s'inscrire en tant que délégué, veuillez contacter sales@energycapitalpower.com
